sur fond de révolution tunisienne, égyptienne, …
Les Arabes, têtes à claques, cibles rêvées ! Paresseux, magouilleurs, ignorants, obscurantistes, escrocs, fanatiques, terroristes … tous dans le même sac. Voir les blagues orales ou nos courriers électroniques quotidiens, amalgamant à des peuples entiers les pires intégrismes et débilités. Allègrement confondus avec d’autres présumés musulmans : Iraniens, Turcs, Albanais. Le même genre d’attributs injurieux que le racisme prêtait, en d’autres temps, aux « autres » : protestants, juifs, noirs, italiens ou esquimaux. Miroir, diversion de nos propres insuffisances et contradictions.
Le monde arabe avait effectivement « raté le coche » des derniers siècles vers le progrès et le développement. Il semblait dépassé, perdant. La « Nahda » (Renaissance) entamée au 19ème n’avait pas dépassé quelques cercles intellectuels. À l’inverse de l’Europe occidentale, les habitants de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient n’avaient pas accompli la révolution démocratique, consistant entre autre à ne plus mélanger pouvoir politique et grâce divine.
Subjugués, occupés, massacrés par les impérialismes occidentaux jusque après la seconde guerre mondiale, les peuples de l’Atlas au Taurus ont porté des luttes de libération jusqu’à l’indépendance. Le nassérisme, comme d’autres mouvements d’origine militaire, populistes mais fort peu démocratiques, représenta un espoir il y a cinquante ans. Quand Nasser, qui avait nationalisé le canal de Suez et impulsé l’industrialisation, voulut se retirer après la défaite de 1967, les Égyptiens descendirent dans la rue pour qu’il reste. L’inverse d’un Moubarak, son lointain héritier. Les Arabes furent instrumentalisés par les belligérants de la guerre froide, comme producteurs de pétrole et riverains de couloirs stratégiques. Même après la fin du bloc soviétique, la géopolitique est focalisée par des régimes intégristes pro-occidentaux surarmés tels Israël ou l’Arabie Saoudite. La seule alternative aux dictatures corrompues paraissait le terrorisme ou l’instauration de théocraties (Iran), s’avérant tout aussi corrompues et oppressives. Ou, pour beaucoup de gens, émigrer vers des rivages imaginés plus cléments.
La grande peur de l’occident chrétien voire laïc est « l’intégrisme musulman » : une galaxie de courants réels qu’il avait encouragés pour contrer des régimes autrefois prosoviétiques (Afghanistan) ou laissés comme seule issue face à un despote sanguinaire mais néanmoins ami (Iran). Dieu et ses saints livres paraissant un rempart breveté contre le mal assimilé au communisme assimilé lui-même à toute idée de progrès ou de changement. De la part d’un certain occident où plus d’un parti de gouvernement se réfère au christianisme et aux croisades, pourquoi ne pas prendre tous les orientaux pour des adeptes du djihad guerrier ?
Or, pour quiconque circule dans un pays arabe, rencontre la rue arabe, la société civile existe : des paroles, une culture, des liens sociaux forts, au-delà des clichés et des discours surveillés. Le « téléphone arabe » communique efficacement depuis bien plus longtemps que les réseaux dit sociaux d’internet (dont le rôle dans les révolutions en cours est probablement surestimé). Misère, salaires insuffisants, chômage, y compris parmi les plus instruits, abus de pouvoir, violence, répression : la situation sociale reste bloquée et le mécontentement explose malgré la censure, la torture, les arrestations, les morts. Les dictatures aux abois peuvent mobiliser leurs milices et crier au complot américain … comme si les Occidentaux n’avaient pas soutenu ces régimes comme un moindre mal, et profité des prix écrasés de leurs hôtels, avant d’admettre que le moindre mal n’est autre … que la démocratie !
Amir El Schmooj, 17 février 2011

Notre concours :
1. Comment s’appelle le personnage au centre ?
2. Dater cette photo approximativement
3. Lequel de ces Messieurs est le papa de l’auteur de l’article ?
Nulle voix (ou si peu ) ne s’élève contre l’envoi d’armes à des dictateurs, qui par définition servent à tuer ? Et cette unanimité, du patronat aux syndicats, en passant par la Région wallonne actionnaire, pour « défendre l’emploi » à la FN de Herstal ou dans toute usine d’armements. Peu importe la nature du travail (armes, pollution) du moment qu’on travaille et qu’on gagne des sous …
Ah, pardon, les flingues pour Khadafi était destinés à « sécuriser des convois humanitaires ».
Vendez une batterie de cuisine à un ogre, s’il promet de manger de la salade.
Ce mois-ci, les médias font écho de mines anti-personnelles made in Belgium, utilisées par les forces de Khadafi dans les villes qu’elles évacuent.
Ainsi, pendant que la Force aérienne belge soutient les actions de l’Otan aux côtés de la rébellion lybienne en déployant 4 avions de combat, notre commerce extérieur mange aux deux rateliers, pour le plus grand profit de l’emploi.
En revanche, quand le peuple syrien désarmé est massacré semaine après semaine, que pourrait faire la « communauté internationale » ?