Monde
Sommaire de cette page
- Pourquoi cette page ?
- La Palestine expliquée aux enfants, par Marcel Liebman
- Ahmad, étudiant de Naplouse, témoigne
- Juif, sioniste, israélien ? De qui parlons-nous ?
- ÉmotionPhotos Naf
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Barbelés coupants made in Belgium |
Avec tous les opprimés
La mémoire du fascisme, des atrocités du 20ème siècle, celle du génocide perpétré contre les juifs, est une partie essentielle de notre site. Ainsi, le témoignage d’un ami, rescapé d’Auschwitz, est notre page la plus visitée, tout comme le sont nos liens vers la mémoire du nazisme, de la seconde guerre mondiale et de la « Shoah ». Aussi, n’est-il pas étonnant que des négationnistes et racistes divers étiquettent ce site comme juif, et face à tels héritiers idéologiques, pourquoi ne pas revendiquer cette appellation ?
Est-ce à dire que nous nous associons aux réjouissances qui, cette année, fêteront le 60ème anniversaire de l’État d’Israël ? Que nous partagions l’idéologie exprimée entre autre dans la scène finale de « La Liste Schindler » : hors d’Israël, point de salut pour les juifs ? (Mais Steven Spielberg préfère pour son propre compte l’American Way of life and Politically correct !). Que nous adhérions à la perception dominante (surtout anglo-saxonne et israélienne) du génocide commis par les nazis comme d’un « Holocauste » (= sacrifice par combustion totale, cf. Petit Larousse) comme si un Dieu pouvait agréer comme nécessité rituelle le génocide de six millions de ses « élus » ? Et que, au nom d’un crime commis par des Européens contre des Européens, nous soutenions les autorités israéliennes dans le conflit du Proche Orient ?
Parmi les démocrates et les antifascistes, nombreux sont ceux qui défendent le droit du peuple palestinien à vivre libre dans un état à eux, au côté des Israéliens et des autres peuples de la région. Par solidarité avec les opprimés, les plus âgés ont résisté et défendu les juifs et les autres persécutés sous l’occupation nazie, et dans la logique de cet engagement, soutenu au cours de leur vie tous les peuples luttant contre tout régime d’apartheid et pour leur liberté.
Cette solidarité de principe avec tous les opprimés n’implique pas nécessairement un soutien inconditionnel avec toutes les méthodes et stratégies ni avec tous les courants de la résistance. Mais elle dépasse aussi l’émotion des épisodes les plus spectaculaires dont les médias se font l’écho distant.
Pour les réfugiés, les clés symbolisent l’espoir de rentrer chez eux
Cette interminable occupation de la Palestine, qui aurait pu la faire mieux comprendre, sinon l’historien de l’ULB, disparu en 1986, Marcel Liebman :
C’est l’histoire de millions d’hommes et de femmes et de millions d’enfants qui sont nés et ont grandi dans le malheur. Leur malheur, c’est de m’avoir pas un pays bien à eux, où ils peuvent apprendre à étudier et à travailler dans des villes et des villages bien à eux, sur une terre qui est pleinement la leur.
Il en est ainsi parce toute l’existence du peuple palestinien a été bouleversée par l’arrivée en Palestine d’un grand nombre de Juifs qui, en Europe, subissaient de terribles persécutions dont la plus terrible a été l’œuvre des nazis.
Pour échapper à cette tragédie, ils ont cru pouvoir s’établir sur la terre que leurs lointains ancêtres avaient habitée. Et non seulement s’y établir, mais y créer un État pour eux-mêmes. Ainsi est né l’État d’Israël. Et les grandes puissances les ont aidés à créer cet État, que l’on disait convenir aux Juifs qui avaient été maltraités en Europe par des Européens. Les grandes puissances ne se sont pas demandé si c’était juste d’imposer cela aux Palestiniens dans leur patrie.
C’est ainsi qu’on a voulu réparer une grande injustice en se livrant à une nouvelle injustice.
Bien sûr les Palestiniens n’ont pas été d’accord. Et pas davantage les autres peuples arabes. Alors, il y a eu des guerres, plusieurs guerres que les armées israéliennes ont remportées.
La conséquence, c’est que les Juifs ont pu créer l’État d’Israël, mais que les Palestiniens sont restés sans patrie.
Certains Palestiniens se sont trouvés en Israël comme des étrangers dans leur propre pays. D’autres ont été gouvernés par un pays arabe voisin, la Jordanie. Ces hommes et ces femmes ont protesté, mais on ne les a pas entendus. Ils se sont alors défendus en prenant quelques fois les armes. On a dit alors que c’étaient des violents, des terroristes.
En 1967, des pays arabes ont voulu défendre les Palestiniens, mais leurs soldats ont été battus par ceux d’Israël. Israël a occupé des territoires et, comme toujours quand il y a la guerre, beaucoup de gens ont fui.
Quelle tragédie !
Encore des morts et encore des villages abandonnés par leurs habitants.
On comprend la colère des victimes, et surtout leur volonté de retrouver une existence normale. La colère d’un peuple, cela s’appelle la résistance. Et les Palestiniens résistent …
Ils résisteront probablement aussi longtemps qu’il sera nécessaire, jusqu’au moment où on leur reconnaîtra le droit d’avoir une terre bien à eux, une patrie où ils seront seuls à pouvoir décider de tout ce qui les concerne.
À ce moment, mais à ce moment-là seulement, il y aura la paix pour le peuple palestinien, et pour tous les peuples qui vivent dans la même région.
Auteur de nombreuses études lucides sur le socialisme et la révolution et de « Né juif », ses souvenirs d’enfant caché sous l’occupation nazie, Marcel Liebman préfaçait ici « Le Paradis de Salima » (Éditions Duculot, Gembloux, 1982, traduit aussi en néerlandais et en italien) livre pour enfants (épuisé) dédié à notre ami commun Naïm Khader, délégué de l’OLP assassiné devant son domicile à Bruxelles le 1er juin 1981)
Le témoignage d’Ahmad, étudiant de Naplouse
السؤال: السلام عليكم
الجواب : و عليكم السلام
السؤال :مااسمك ؟
الجواب : اسمي احمد
السوال : من اين انت ؟
الجواب :انا من فلسطين
السؤال :من اي مدينة في فلسطين ؟
الجواب :من مدينة نابلس
السؤال : ماذا تدرس؟
الجواب : ادرس اللغات.
السؤال : ماذا تتمنى في حياتك ؟
الجواب : اتمنى ان ادخل الجنة
السؤال : هل تحب بلدك؟
الجواب : نعم احبها كثيرا
السؤال :هل بلدك محتل ؟
الجواب : نعم بلدي محتل
السؤال :هل من الممكن ان يوجد لك اصدقاء في بلجيكا ؟
الجواب : نعم ممكن جدا
السؤال :هل تحب السينيما ؟
الجواب : نعم احبها
السؤال : ماذا تكره في حياتك ؟
الجواب :اكره العنف و العنصرية
السؤال : ماذا تقول لاهلك المقيمين في بلجيكا ؟انقذوا الشعب الفلسطيني |
- Bonjour, salâm aleïkoum (la paix sur toi)
- Et aleïkoum salâm (sur toi la paix)
- Comment t’appelles-tu ?
- Ahmad.- D’où es-tu ?
- Je vis en Palestine
- Quelle ville en Palestine?
- De Naplouse
- Tu es étudiant ?
- J’étudie les langues.
- Que veux-tu faire de ta vie ?
- J’aimerais gagner le paradis.
- Aimes-tu ton pays ?
- Bien sûr !
- Aimes-tu la Belgique .
- Bien sûr !
- Ton pays est occupé ?
- Oui, mon pays est occupé.
- Pourrais-tu trouver des amis en Belgique ?
- C’est tout-à-fait possible.
- Qu’est-ce que tu aimes ?
- Le cinéma
- Que détestes-tu dans la vie ?
- Je hais la violence et le racisme
- Que dis-tu à tes amis, à tes proches de Belgique ?
Sauvez le peuple palestinien ! |
Tout d’abord merci à tous ceux qui ont contribué à ce site.
Je me présente : Ahmad, palestinien, étudiant, 21 ans.
Je dédie ce message a tous les gens qui ont une âme bonne, qui adorent aider les autres.
Chers amis, permettez-moi de vous raconter un petit peu de notre histoire.
Il faut que vous sachiez que le peuple palestinien est occupé par les Israéliens, alors que son rêve, c’est la paix et la liberté. Nous ne pouvons nous déplacer dans notre villes palestiniennes a cause de cet État qui ne connaît ni les gens ni la pitié, qui bloque trois millions de Palestiniens dans leur propre pays, qui massacre et fait des victimes. Personne n’est responsable de ce qui se passe dans mon pays, mais si je veux sortir de la maison je ne sais si je pourrai rentrer à cause de la violence, des crimes et de l’invasion.
En vérité, le pays qui s’appelle Israël s’est installé avec l’aide des grandes puissances. Quelle injustice !
Imaginez que votre pays est occupé : que feriez-vous ? Baisseriez-vous les bras? Abandonneriez-vous ? Si vous aimez votre pays d’un véritable amour, vous résisteriez à l’occupation, et nous en Palestine nous résistons lorsque c’est nécessaire et cela s’appelle la résistance, pas le terrorisme.
Chers amis, j’ai confiance en vous : je vous dirai qu’il nous est interdit, à nous palestiniens, de visiter la capitale de la Palestine, Jérusalem. En dépit de tout Israël empêche les Palestiniens de se promener en Palestine, et de visiter Jérusalem, et moi-même je n’en ai pas eu la possibilité comme je l’aurais désiré.
Il y a des familles dont les enfants sont privés de toute instruction : savez-vous pourquoi? Parce que nous traversons en Palestine une crise financière et beaucoup de familles sont pauvres.
Tout récemment, il y a eu une incursion a Naplouse, heureusement pas de victime mais il y avait 30 personnes blessées par l’armée israélienne, ensuite, les cours etaient suspendus pour les écoles.
Je voudrai transmettre un message a ceux qui ont l’amour de la vérité, l’amour de la patrie, de la justice :
Il ne faut surtout jamais baisser les bras, même si tout ne se passe pas exactement comme l’on souhaiterait. Les vrais vainqueurs sont ceux qui se battent et n’abandonnent jamais.
Enfin, je demande au monde de sortir de son lourd silence et d’intervenir immédiatement pour arrêter le terrorisme du gouvernement de l’entité sioniste et de lutter pour les citoyens palestiniens innocents et je souhaite que vous puissiez visiter mon pays pour mieux connaître la vérité.
Ahmad, étudiant palestinien occupé, hiver 2008
C’est quoi un juif ?
… ou plutôt, c’est qui ?
À partir d’une même histoire humaine, il est possible de développer plusieurs lectures de la judéité.
D’après la version courante, les Juifs descendent des habitants des royaumes juifs dispersés par la terrible répression par les Romains des révoltes des deux premiers siècles de l’ère chrétienne. À travers deux millénaires de persécutions et d’isolement social dans les autres pays, confinés à des métiers d’artisanat ou de crédit, les Juifs auraient préservé une identité nationale axée sur le retour à Sion (« l’an prochain à Jérusalem »).
La dégradation du capitaine Alfred Dreyfus en 1895 l’a indiqué de façon tragique au fondateur du sionisme, le journaliste austro-hongrois Théodore Herzl : l’antisémitisme persiste dans les états démocratiques modernes. La seule perspective est de créer un nationalisme juif, dans la mouvance des nationalismes européens d’il y a un siècle. L’histoire des Juifs ne serait qu’une longue suite de pogromes qui ont culminé au cours de la seconde guerre mondiale. La solution pour les juifs est donc la réalisation de l’État d’Israël en 1948 par les survivants de « l’holocauste ».
Les juifs auraient donc un droit privilégié à revenir en Éretz (Terre d’Israël), leur patrie. Selon le discours sioniste, l‘Alya » (la montée » vers Sion), serait le mouvement « d’un peuple sans terre vers une terre sans peuple ». La Palestine d’avant l’immigration juive (fin du 19ème siècle) aurait été un désert avec quelques Bédouins, et des ruines, qui n’aurait été mis en valeur que par le Yishouv (les premiers immigrants juifs d’Europe) et avec la déclaration Balfour (1917) par laquelle le Foreign Office britannique soutenait l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. Les quelques Arabes qui ont quitté le teritoire israélien en 1948 l’auraient fait de leur plein gré, et c’est « réfugiés » ne serviraient que la propagande des états arabes. Mais pas question évidemment de droit au retour, c’est sur ce point crucial que le gouvernement israélien a mis fin au processus de paix en 2000.
Ainsi jusqu’à nos jours, les ambassades israéliennes à travers le monde, ainsi que les mouvements sionistes, auraient parmi leurs attributions la représentation et la défense des Juifs dans chaque pays. Toute réserve à l’égard de la politique israélienne de la part d’un juif est taxé de trahison, voire d’antisémitisme. Cet attachement passionnel fait un peu penser à celui de nombreux communistes envers l’Union soviétique, du temps de la guerre froide : notre patrie de coeur ne peut se tromper et toute critique sert la propagande antisoviétique primaire financée par l’ennemi !
Mais la mémoire, la documentation de l’histoire juive et humaine nuance et induit une lecture non sioniste.
La Diaspora, dispersion des juifs dans le monde connu de l’époque, a commencé en fait bien avant le sac de Jérusalem par les légions de Titus. Quelque 10% des citoyens de l’Empire romain auraient été juifs ; de grandes communautés juives prospéraient à Alexandrie, Rome, Athènes, Babylone, et de nombreux « païens » se convertirent à la religion d’Abraham. C’est ainsi que la première traduction de l’ancien Testament fut en grec, également langue des Evangiles, et que les juifs de Judée partageait la langue commune de la région, l’araméen. L’autre branche du judaïsme, le christianisme, était sa rivale en monothéisme, pour convertir l’empire romain en proie à une crise religieuse, politique, sociale et culturelle sans précédent. Parmi les convertis ou sympathisants au judaïsme figurait vraisemblablement Poppée, l’épouse de Néron.
Ainsi, l’antisémitisme ne serait pas une constante : les rapports judéo-chrétiens ou judéo-musulmans semblent corrects la plupart du temps avec des moments privilégiés : en Arabie et particulièrement à Yathrib (Médine) au moment de l’Hégire, dans l’Empire romain d’Orient, ou dans celui de Charlemagne, dans les royaumes arabo-andalous et marocain, l’empire ottoman, la Pologne du 18ème siècle … Le khan turc des Khazars, qui domina le sud de la Russie du 7ème au 10ème siècle, aurait adhéré au judaïsme en même temps que de nombreux de ses sujets, après proposition simultanée de conversion par ses voisins byzantins (chrétiens) et omeyyades (musulmans) ; les Khazars seraient ainsi une racine importante des juifs de l’est européen et du Caucase.
Les juifs participent à la société, partagent la culture, les gènes, l’apparence physique des pays où ils vivent et dont ils deviennent citoyens au même moment que les autres « sujets » du roi : à la révolution française. Quand des persécutions se déchaînent, c’est avec les armes de mouvements politiques qui cherchent un bouc émissaire : les Croisés en mal d’ « infidèles » massacrent en route les communautés juives de la vallée du Rhin, Philippe le Bel et ses collègues en recherche de capitaux répandent des rumeurs débiles pour déclencher des pogromes ; pour parachever la Reconquista, les Rois Catholiques d’Espagne expulsent ou convertissent de force les juifs de la péninsule en 1492 ; les tsars de Russie espèrent détourner le mécontentement populaire en lâchant leurs cosaques sur les quartiers juifs, et enfin le nazisme et les régimes collabos de la seconde guerre mondiale érigent l’antisémitisme comme un pilier de l’État, aboutissant au génocide d’une (sous-)race.
Le slogan sioniste « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » serait doublement critiquable. D’un côté, de nombreuses communautés juives villageoises ont existé et même prospéré en Pologne, Ukraine, Hongrie etc. avant 1939. Quant à la Palestine d’avant le mandat britannique, elle semble avoir été une des régions les plus fertiles et actives de l’Empire ottoman, certes un peu endormie comme ce dernier, mais qui exportait de l’huile, des oranges, sans oublier un secteur touristique dopé par les pélérinages. La retraite des Turcs (1917) fut le résultat essentiellement de la révolte arabe, donc palestinienne sur ce territoire (avec le soutien, intéressé, de l’armée britannique).
En 1939-40, un « foyer national » de près d’un million de juifs dans la Palestine sous mandat britannique n’a nullement limité le génocide des juifs en Europe. L’action des Alliés non plus : elle était entièrement axée sur la stratégie militaire. Quant à la proclamation d’Israël en 1948, si elle n’a sauvé aucun des survivants juifs d’Europe, libres (et dans quel état …) depuis trois ans, elle en a enrôlé quelques-uns dans les milices locales (Haganah, Stern) qui ont formé ensuite l’armée israélienne. Comme dégât colatéral, la guerre israélo-arabe a déclenché la rupture de la plupart des juifs arabes avec leur société, et leur émigration forcée, pour le plus grand bénéfice de la stratégie démographique du gouvernement israélien.
Selon cette optique que nous défendons : les juifs sont des citoyens comme les autres dans leurs patries, sans lien privilégié avec un « état juif », exclusive qu’Israël partage avec le Vatican et le Pakistan pour les autres religions du Livre. Chrétien, musulman ou juif étant des épithètes culturelles de la même zone monothéiste du monde, avec ses mystiques, ses agnostiques et ses athées respectifs.
Israël est un état comme un autre, avec ses « faucons » (militaristes) et ses colombes (pacifistes), avec ses internationalistes et ses fascistes. Sa particularité principale est de faire perdurer un mouvement de colonisation du début du 20ème siècle, contemporain des empires coloniaux français, anglais ou belge. Mais avec le temps et la confrontation, les Israéliens sont devenus un peuple du Proche Orient.
Le sionisme est donc une option pour les juifs, comme par exemple, l’idéologie cow-boy à la John Wayne l’est pour les Américains. La plupart des juifs n’ont pas choisi de vivre en Israël, mais dans leurs patries. Et le pianiste argentin Daniel Barenboïm, qui vient de prendre la nationalité palestinienne, loin d’être un « traître » pour les juifs, pose un geste noble, de citoyen du monde.
Et quoi qu’il advienne, le domicile précédent idéalisé d’un peuple, au cours des siècles passés, justifie-t-il le doit à l’occupation du territoire ? S’il en était ainsi, les descendants des Gaulois disposeraient de droits incontestables sur la Turquie, celle-ci sur l’Asie Centrale, les Belges sur quelques tribus anglaises, les Suédois sur la Russie, les Wallons sur New York etc.
PAIX AU MOYEN ORIENT ?!
« - Les grands, ce sont les grandes puissances,
et le « mannekenpis », ce sont les pays arabes »
Face au blocus, reste la dérision
Qu’il me soit permis ici d’évoquer quelques émotions personnelles.
Dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, à la fin du Sabbat, entre la mosquée d’Omar, troisième lieu Saint de l’Islam et le Saint-Sépulcre, des jeunes en blanc, chantent et dansent euphoriques. Je pleure en retrouvant ici Rabbi Jacob et mes cousins d’Europe centrale. Ils dansent sur un quartier palestinien rasé.
Dans un camp de réfugiés de Bethlehem, littéralement à l’ombre du mur de 8 mètres de haut qui l’enferme et le coupe des champs d’oliviers, des enfants palestiniens chantent et dansent en costumes traditionnels de leur pays, malgré la misère et le désespoir de 60 ans d’occupation au milieu de laquelle ils sont nés. La plupart n’ont jamais pu se rendre à Jérusalem, à 7 kilomètres. Leur animateur espère que ces enfants connaîtront une plus belle vie que celle de leurs parents.
Et partout en Palestine, des murs, des check points, des incursions, des démolitions, des blessés, des terres et des maisons confisquées, des familles déchirées, l’arrogance, le cynisme des occupants et des colons, l’exaspération patiente des occupés, leur lutte pour préserver leur identité, et simplement leurs droits à vivre, à travailler, à cultiver dans tous les sens du terme leur pays.
Imaginons que nous soyons encore occupés. Non pas par des nazis génocidaires, mais par des occupants comparables aux « nôtres » en 14-18 : une occupation commençant par des massacres et se poursuivant par l’asphyxie économique, la misère des camps de réfugiés qui ressemblent à des ghettos, des exécutions extrajudiciaires, des emprisonnements arbitraires, des exactions. Et peu importe aux yeux de l’occupé que l’occupant soit juif, arabe, porteurs de la Kultur, ou gentleman britannique ou débarquant de la France, terre de liberté, ou même Tintin en personne : c’est une situation insupportable pour le colonisé, qu’il soit congolais, algérien, indien, palestinien ou belge. Une telle existence engendre forcément la révolte et des réactions que les occupants confondent sous le nom de terrorisme.
Enfin cette émotion dérisoire au retour dans une Belgique déchirée par un éventuel problème communautaire, un problème qui n’a pas encore tué mais qui nous aliène de notre identité et divise vainement des gens qui forment la même société, également attachés à la même patrie.
Michel Majoros, 14 janvier 2008
La mort de Yasser Arafat en 2004
Le site de Yad Vashem, “Mémorial de l’Holocauste” à Jérusalem – Nombreux documents sur le génocide
Juif et antisioniste : une perversion ?
Un site pacifiste israélien
Nos liens vers les problèmes du Proche Orient, et les mondes arabe et juif
Polémique chez les adeptes de l’Ordre nouveau – La « question juive » divise l’extrême droite – Une enquête de Resistances